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LegalTech : Interview de Raoul Scultore, dirigeant de JurisCloud

par Pierre-Olivier Burte, B-Reputation

24 février 2017

LegalTech : Interview de Raoul Scultore, dirigeant de JurisCloud

Raoul Scultore est dirigeant et associé fondateur de JurisCloud. Juriste de formation, il a intégré le monde de l’Informatique en 1993 en créant sa première start-up. Fort aujourd’hui de plus de vingt ans d’expérience, il a su constituer un groupe de sociétés s’inscrivant dans les nouvelles technologies au service des entreprises : hébergement internet et réseaux, Web Agency, services et ventes en ligne. Créé en 2014, JurisCloud (web service en mode SaaS) complète aujourd’hui cette démarche B2B en proposant aux professionnels juridiques et comptables une solution dédiée à la gestion des formalités de la vie des sociétés (création, immatriculation, gestion).

Quelle est votre définition de la LegalTech ?
Raoul Scultore : Pour notre société, elle recouvre la définition officielle, à savoir la Technologie au service du Droit. C’est le fondement même de JurisCloud : une extension virtuelle que les professionnels juridiques et comptables, mettent à la disposition de leur clientèle 7J/7 24H/24.
Bien entendu, ce cabinet est un cabinet « high tech », sécurisé, fiable et offrant des liaisons dématérialisées avec les principaux acteurs en matière de création et de gestion de société (Greffes et journaux d’annonces légales) et de nombreux autres services (coffre-fort numérique).

La LegalTech est-elle définitivement entrée dans les mœurs des Français ?
RS : Inéluctablement, le monde professionnel se tourne vers les technologies et l’univers digital. Il est difficile aujourd’hui de passer à côté. D’ailleurs, les services publics ont concrètement franchi la porte de cet univers avec, entre autres, la dématérialisation des déclarations fiscales ou des appels d’offres pour les marchés publics. Dès lors que l’Etat initie cette démarche, l’inconscient collectif ne peut que se mettre en œuvre dans cette voie. Et les particuliers ne s’y sont pas trompés. La croissance d’utilisation des services juridiques en ligne est à 2 chiffres tous les mois !

Le marché du droit est-il désormais entièrement couvert par la LegalTech ?
RS : Non, et il y a peu de chances qu’il le soit un jour. La technologie, même si elle s’y efforce, ne remplacera jamais l’humain et il n’y a pas un secteur où l’intelligence artificielle supplantera la magnifique et nécessaire imperfection de l’esprit humain.

Combien d’employés compte aujourd’hui JurisCloud ?
RS : JurisCloud est édité par EDJ, filiale d’une holding qui a détaché 5 personnes à plein temps sur le projet.

Combien de professionnels du droit travaillent pour JurisCloud ?
RS : Plus de 10 en sous-traitance car nous faisons appel à des cabinets juridiques et comptables spécialisés en fonction des besoins de l’application.

Combien d’actes traitez-vous par mois ?
RS : Le service est en phase de démarrage, la commercialisation officielle ayant débuté au dernier trimestre 2016. Actuellement, nous traitons une dizaine d’actes par mois

Quel est le panier moyen d’un utilisateur de JurisCloud ?
RS : L’utilisateur JurisCloud est un professionnel abonné au service et pour ce faire, il dépense au maximum 59 € HT par mois ce qui lui donne le droit de partager l’application avec 5 utilisateurs/collaborateurs et de stocker 100 sociétés. Ensuite, il s’acquittera à l’acte d’un forfait inférieur à 20 € HT pour chaque formalité créée. Bien entendu, les frais d’annonce légale et d’enregistrement au greffe sont réglés à part.

Quel est le niveau d’économie réalisée par un particulier, pour un même acte, entre JurisCloud et un avocat traditionnel ?
RS : JurisCloud est une application B2B. Il y a forcément un professionnel compétent en face du client et il n’est pas substitué au gré de la surcharge d’une éventuelle plateforme d’appel. JurisCloud permet à l’intuitus personae qui fonde la relation entre l’avocat, l’expert comptable et son client, de prospérer.
L’économie se fait par la prise en charge d’une partie du dossier par le client lui même… comme par exemple, la saisie de son état civil où l’on peut l’estimer expert ;-).
Cette participation du client à la préparation de l’acte, outre le fait qu’elle l’implique davantage dans la démarche, lui permet d’économiser 50% à 60% du coût d’une formalité sans compter l’immense gain de temps et la souplesse qu’apportent la dématérialisation.

Quelle est votre vision du métier d’avocat à 10 ans ?
RS : La LegalTech va s’imposer dans le monde du Droit mais elle ne remplacera jamais l’avocat.
Le métier d’avocat va être confronté à l’apparition des services en ligne à faible valeur ajoutée permettant d’obtenir des documents usuels ne réclamant pas une forte expertise.
L’avocat de demain s’appuiera sur les big data et sur des web services pour se décharger des formalités répétitives et redondantes. Il pourra donc consacrer tout son potentiel à son activité de conseil et apporter davantage de valeur ajoutée à ses prestations.

Les particuliers se déplaceront-ils un jour au tribunal seulement munis d’une application mobile ?
RS : Peut être ne se déplaceront-ils même plus !

Selon vous, quel autre secteur sera le prochain à connaître une aussi profonde transformation que le marché du droit, s’il en reste un… ?
RS : Ma boule de cristal est restée muette, et son avocat lui a conseillé de garder le silence.

>> Voir la page B-Reputation de JurisCloud

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