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LegalTech : Interview de Pierre Aïdan, co-fondateur de legalstart.fr

par Pierre-Olivier Burte, B-Reputation

3 février 2017

LegalTech : Interview de Pierre Aïdan, co-fondateur de legalstart.fr

Ancien avocat aux barreaux de New York et Paris, docteur en droit, diplômé de Harvard, Pierre Aïdan est co-fondateur du site legalstart.fr. Lancé début 2014, legalstart.fr est le leader français des services juridiques en ligne. Depuis sa création, legalstart.fr a accompagné plus de 50.000 entrepreneurs dans leurs démarches juridiques, de la création d'entreprise au recouvrement de créances. Dans le cadre de notre dossier spécial « LegalTech en France », Pierre Aïdan a accepté de nous donner sa vision du marché du droit online.

Quelle est votre définition de la LegalTech ?
Pierre Aïdan : Pour faire simple, on peut dire qu'il s'agit de toutes les entreprises proposant des services innovants dans le domaine juridique grâce aux nouvelles technologies.

La LegalTech est-elle définitivement entrée dans les mœurs des Français ?
PA : Lorsqu’on a créé Legalstart en 2013 et ouvert le site au public début 2014, la LegalTech était un phénomène très nouveau en France, pour les justiciables comme pour les professionnels du droit. Ces derniers ont d'ailleurs parfois eu des réactions plus ou moins hostiles. Aujourd’hui, on peut dire que la LegalTech fait partie du paysage juridique français. Les 50.000 entrepreneurs que nous avons accompagnés depuis notre création en sont la meilleure illustration.

Le marché du droit est-il désormais entièrement couvert par la LegalTech ?
PA : Au-delà même de la problématique du monopole, de nombreux services ont vocation à rester le ressort exclusif des professions réglementées : stratégie, montage complexe, représentation en justice, etc.

Combien de professionnels du droit collaborent avec Legalstart.fr ?
PA : Une centaine d’avocats sont aujourd'hui référencés ou en cours de référencement sur le site. Nous avons par ailleurs noué un partenariat avec Eurojuris France, réseau de plus de 1000 professionnels du droit sur tout le territoire. Nous avons également un partenariat avec l'association NCE (Notaire Conseil Entrepreneurs), regroupant plus de 600 notaires.

Quel est le niveau d’économie réalisée par un particulier, pour un même acte, entre legalstart.fr et une solution traditionnelle ?
PA : Cela dépend évidemment du professionnel, les honoraires varient selon les cabinets et les régions… Par exemple, selon un sondage OpinionWay pour Legalstart réalisé en 2016, on peut estimer l’économie réalisée autour de 60 à 80 % sur une création de société.

Quelle est votre vision du métier d’avocat à 10 ans ?
PA : Je ne crois pas du tout que le métier d’avocat soit amené à disparaître ou soit fondamentalement menacé par les LegalTech. Je pense qu’il va devoir évoluer radicalement, pour adopter les nouveaux outils à sa disposition. Cela lui permettra d’offrir des prestations plus centrées sur l’expérience client, et de se concentrer sur son cœur de métier : le conseil et la stratégie.

Selon vous, quel autre secteur sera le prochain à connaître une aussi profonde transformation que le marché du droit, s’il en reste un… ?
PA : Je pense qu’un secteur à observer est celui de l’éducation : il y a le défi intéressant sur la formation initiale et notamment le diplôme qui garde sa valeur de marque auprès des employeurs. S'agissant de formation continue ou professionnelle, axées sur l’acquisition de savoirs et de compétences avec une importance moindre de l’organisme qui délivre la connaissance, les « edutech » ont probablement d'ores et déjà un gros potentiel.

>> Voir la page B-Reputation de Legalstart

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