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Le crowdfunding en France : les raisons d'un succès

par François Grimpret, B-Reputation

20 mars 2017

Le crowdfunding en France : les raisons d'un succès

Depuis son apparition en France au cours des années 2000, le crowdfunding (ou financement participatif en français : nos amis québécois parlent, eux, de “sociofinancement”) connaît un succès colossal, au point que les entreprises spécialistes du genre se sont multipliées sur le marché hexagonal (et cela ne semble pas terminé !). Comment expliquer un tel engouement et une telle croissance économique ? Historiquement, le principe du crowdfunding - c’est-à-dire le financement d’un projet par un ensemble de contributeurs identifiés et volontaires - n’est pas “nouveau”. L’un des tout premiers projets à avoir bénéficié de ce type de financement n’est autre que celui de… la Statue de la Liberté. Le crowdfunding digital est ainsi le prolongement (et le pendant) des collectes d’argent que l’on peut connaître sous d’autres noms : mécénat, campagne de charité… Toutefois, l’ère numérique a apporté à tous une facilité de participation, une plus grande traçabilité de son investissement et la possibilité de financer des milliers de projets portant aussi bien sur l’art que la technologie, l’architecture, la médecine… Autrement dit, le crowdfunding a “démocratisé” l’investissement participatif, celui-ci étant, par le passé, réservé à une certaine élite.

Le crowdfunding : comment ça marche ?

Le financement participatif s'adresse à tout type de projet : culture, social, environnement, technologie… Le principe est simple : vous présentez votre projet sur une plateforme dédiée et les investisseurs particuliers (que vous connaissez ou non !) y participent (ou non). Trois formes de contributions sont proposées aux financeurs :

  • un don (donation ou reward crowdfunding). Il en existe 3 types : le don sans contrepartie, le don avec contrepartie symbolique (une carte postale, un t-shirt à l'effigie de l'entreprise, etc.) et la pré-vente / pré-commande (le produit par exemple pour lequel la campagne de financement a été lancée),
  • une prise de participation aux fonds propres de la société créée (crowdequity). Il en existe 3 types : l'investissement en capital (rémunération sous forme de dividendes ou de plus-values réalisées lors de la cession des titres), en obligations (rémunération sous forme d'intérêts) ou en royalties (rémunération sous forme de commissions sur le chiffre d'affaires),
  • un prêt (crowdlending). Il en existe 2 types : le prêt sans intérêt et le prêt à intérêt sans caution ni garantie. Pour fonctionner les plateformes prennent une commission sur le montant des sommes récoltées (5 à 12 %).

La réglementation autour du crowdfunding

C’est l’une des premières raisons du succès du crowdfunding en France : sa réglementation. Très tôt, les législateurs et les pionniers du genre ont établi des règles strictes qui ont apporté la confiance et la transparence nécessaires à une adhésion forte de la population. Les plateformes de crowdfunding sont ainsi soumises à une imposante réglementation bancaire et fiscale et doivent obéir à différentes règles :

  • règles prudentielles identiques à celles des établissements bancaires : identification détaillée du financeur (justificatifs d'identité et de domicile), contrôles anti-blanchiment, anti-terrorisme, etc.
  • règles de contrôle de la qualification des investisseurs car le financement participatif est considéré comme un investissement risqué.

Mais au-delà de l’aspect légal - ô combien important - le crowdfunding s’est imposé parce qu’il a réussi à répondre à différents besoins.

Les raisons du succès

Première raison avancée pour expliquer le développement exponentiel des plateformes de crowdfunding (en France ou ailleurs) : la crise économique survenue au cours de la seconde moitié des années 2000. Les banques furent subitement beaucoup moins promptes au prêt d’argent et dans le même temps, la défiance des entreprises ou des particuliers à leur égard a atteint des niveaux jamais connus dans le passé. Le crowdfunding a logiquement trouvé sa place dans un contexte économique (et structurel) compliqué, même si l’idée d’un “contre-système” est considérée par tous les acteurs (et les spécialistes du sujet) comme un fantasme quelque peu puéril.

Le succès du crowdfunding repose ensuite sur son accessibilité économique, à savoir que (presque) tout le monde peut devenir financeur au regard des sommes en question, raisonnables et plafonnées. La réussite du financement participatif en France tient par ailleurs à la très grande diversité et au très grand volume des projets à financer. Si vous cherchez par exemple à financer un projet culturel, vous aurez un choix quasi infini. Rares sont les déceptions de ce point de vue dans le crowdfunding. Mais le financement est une chose, sa “traçabilité” une autre. Avec l’émergence des plateformes, le suivi de tel ou tel projet sur lequel vous aurez misé sera limpide : vous savez tout, en temps réel. Le principe même du crowdfunding procède d’une relation de confiance entre le financé et le financeur. Il faut bien le dire : les cas d’arnaques sur les plateformes de crowdfunding sont nuls, ce qui est assez rare quand l’argent entre en jeu, et ce qui explique aussi le succès du financement participatif dont la crédibilité et le sérieux n’ont pour l’heure jamais été remis en question (et pour cause). Enfin, si le crowdfunding a trouvé son “public” en France, c’est aussi parce que les Français sont de nature généreuse (les dernières études éditées par l’Union européenne montrent ainsi que les Français sont les Européens qui “donnent” le plus). Une spécificité qui participe aussi au développement du crowdfunding sur la toile hexagonale.

Secteur à succès, le crowdfunding n’en est pourtant encore qu’à ses “débuts” et il est fort à parier que ses applications seront de plus en plus conséquentes dans les années à venir.

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