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Crowdfunding : interview de Tristan Grué - Bolden

par François Grimpret, B-Reputation

20 mars 2017

Crowdfunding : interview de Tristan Grué - Bolden

CEO fondateur de Bolden, Tristan Grué (@TristanGrue) est l’une des figures majeures du crowdfunding/crowdlending en France et en Europe. Il partage avec nous ses réflexions et sa vision actuelle du marché.

Quelle est la particularité de votre plateforme par rapport à la forte concurrence sur le marché du crowdfunding en France ? Autrement dit : pourquoi venir chez vous ?
Tristan Grué : Bolden est la plateforme de financement participatif dédiée aux TPE/PME. Nous sommes spécialisés dans le financement court et moyen terme des petites entreprises, artisans, professions libérales, franchisés, alors que nos concurrents prêtent à des entreprises de plus grosse taille. Du côté des investisseurs, le service est différencié également : nous avons été la première plateforme à proposer une offre d’investissement paramétrable et automatisée : le Pack Financeur. De plus, afin d’aligner l’intérêt des investisseurs à celui de Bolden, l’équipe dirigeante investi dans tous les projets aux côtés des particuliers.

Combien de projets ont été financés chez vous en 2016 ? Depuis la création ?
TG : 47 projets ont été financés depuis la création, dont 37 en 2016.

Quel est le montant total collecté sur votre plate-forme en 2016 ?
TG : Bolden a collecté un total de 1,2 million d’euros, dont 600k euros en 2016.

Quels sont les projets que vous recherchez en priorité ?
TG : Bolden permet d’accompagner le développement de l’entreprise et/ou d’accéder à un complément de financement bancaire :

  • Trésorerie, Besoin en Fonds de Roulement,
  • Financement ou refinancement de matériel,
  • Recrutement et développement commercial,
  • Croissance externe, actif immatériel,
  • Achat de stock,
  • Campagne et outils de communication.

Comment expliquez-vous l’énorme succès du crowdfunding en France ?
TG : Deux facteurs expliquent cet énorme engouement : d’une part les porteurs de projet cherchent des moyens simples et rapides pour financer le développement de leur activité auprès d’une communauté qui a les mêmes valeurs et centres d’intérêts. D’autre part, les investisseurs particuliers sont en recherche de sens dans leur démarche d’investissement et sont prêts à prendre un risque mesuré en échange de rendements attractifs dans un environnement de taux bas. Bien sûr, l’évolution d’internet et de la technologie est le moyen de mettre en relation ces deux protagonistes.

Quels types de projets restent encore en retrait du crowfunding et sur lesquels vous misez pour l’avenir ?
TG : Les projets d’entreprises en création et de jeunes entreprises sont encore peu financés par le prêt sur les plateformes par manque de données financières et d’historique. L’évolution de la technologie et des modèles d’analyses nous permettra à terme de répondre aux besoins de ces entreprises.

Comment voyez-vous le marché du crowdfunding en France dans 10 ans ?
TG : La France a un énorme potentiel. Sachant que le marché global des prêts aux entreprises est de 200 milliards d’euros par an et est détenu à 90% par les banques, si 5% du marché a recours au crowdlending à horizon 10 ans on estime un marché à 20 milliards d’euros par an. Cette désintermédiation du crédit va dans le sens de l’histoire, même si elle va demander beaucoup d’éducation car les usages sont lents à changer.

Y aura-t-il encore la diversité de plateformes qui existe aujourd’hui ou seules quelques-unes d’entre elles concentreront le gros du marché ? Par rachat de leurs concurrents par exemple ?
TG : Il y a aujourd’hui en France une trentaine de plateformes de crowdlending. Le marché va nécessairement se concentrer dans les années à venir sur 3 ou 4 plateformes généralistes. Il y aura aussi de la place pour quelques plateformes de niche (région, typologie d’emprunteurs, typologie de besoin). Une bonne partie de la concentration se fera par la disparition de plateformes qui n’atteignent pas la viabilité économique et il y aura aussi quelques rachats stratégiques.

>> Voir la page B-Reputation de Bolden

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