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Crowdfunding : interview d’Arnaud Romanet-Perroux, fondateur d’Upstone

par Pierre-Olivier Burte, B-Reputation

7 avril 2017

Crowdfunding : interview d’Arnaud Romanet-Perroux, fondateur d’Upstone

Diplômé de l’ESTP en 2006, Arnaud Romanet-Perroux travaille d’abord sur des chantiers routiers en Afrique puis complète sa formation avec le Master Spécialisé Finance de l’ESCP Europe pour s’orienter vers l’analyse financière (Equity Research), à Londres, en se spécialisant dans le secteur immobilier. Quelques années plus tard, il s’associe pour monter une société de conseil en stratégie, transaction et communication financière et travaille avec le management de grandes foncières européennes. En 2012, il rejoint BNP Paribas REIM et approfondit sa connaissance des SCPI. Fondateur et CEO d’Upstone depuis fin 2015, Arnaud est également en charge de l’enseignement de la finance immobilière à l’ESCP Europe (professeur affilié), à l’ESTP, à la Sorbonne et à l’ICH. Il a répondu à nos questions.

Quelle est la particularité de votre plateforme par rapport à la forte concurrence sur le marché du crowdfunding en France ? Autrement dit : pourquoi venir chez vous ?
Arnaud Romanet-Perroux : La force d’Upstone c’est tout d’abord son offre diversifiée d’investissements. Nous proposons différents couples rendement/risque à court/moyen/long terme. Ensuite, nous avons mis en ligne une série d’articles et de vidéos éducatives pour expliquer non seulement l’industrie du crowdfunding mais aussi, et plus particulièrement, le fonctionnement de nos montages, d'où vient la rentabilité et quels sont les risques. Nous ne souhaitons pas que nos clients investissent sans comprendre. Enfin, sur Upstone, l’investissement minimum est à 100 euros. Cela permet à un grand nombre d’investisseurs de tenter l’aventure et de facilement se diversifier en investissant de plus petits montants plus régulièrement.

Combien de projets ont été financés chez vous en 2016 ? Depuis la création ?
ARP : Nous avons obtenu nos agréments en juillet 2016, le temps de finaliser le développement de notre plateforme et de travailler sur le parcours client, le premier projet de crowdfunding a été financé en décembre, pour un montant de 300k€, collecté en 10 jours.

Quel est le montant total collecté sur votre plate-forme en 2016 ?
ARP : 300k€ ont été collectés sur un projet en 2016. Nous prévoyons une collecte de 2m€ en 2017 avec de nouveaux projets innovants.

Quelle typologie de projets retrouve-t-on en majorité sur votre plate-forme ?
ARP : Étant une plateforme dédiée à l’investissement immobilier, nos projets de crowdfunding sont centrés sur le financement de la promotion immobilière, d’hôtels et d’opérations d’asset management. Le crowdfunding est une industrie jeune, nous travaillons sur des structurations innovantes dans un souci de démocratisation de l’investissement immobilier.

Quels sont les projets que vous recherchez en priorité ?
ARP : Bien évidemment les projets de qualités c’est-à-dire sécurisés au maximum, portés par des opérateurs expérimentés et bien situés.

Comment expliquez-vous l’énorme succès du crowdfunding en France ?
ARP : Le crowdfunding permet de rendre accessible des investissements qui auparavant étaient l’apanage des investisseurs qualifiés et autres fonds de private equity. Avec les nouvelles technologies, on démocratise l’investissement non seulement dans les sociétés mais aussi dans les projets immobiliers. C’est une relation gagnant/gagnant pour les porteurs de projets qui cherchent du financement et les investisseurs qui trouvent une bonne diversification et du rendement. De plus, la nécessité de transparence des opérations rassure les investisseurs : on comprend dans quoi on investit, au plus proche de l’économie, ce qui est beaucoup moins évident à appréhender dans les produits vendus dans les réseaux bancaires.

Quels types de projets restent encore en retrait du crowdfunding et sur lesquels vous misez pour l’avenir ?
ARP : Il y a encore beaucoup d’investissements en immobilier pour lesquels le crowdfunding a du sens. Le marché a commencé à attaquer le financement de la promotion immobilière, nous sommes en train de structurer le premier financement d’hôtel et sommes confiants sur la viabilité d’autres montages comme le repositionnement locatif d’actifs tertiaires par exemple.

Comment voyez-vous le marché du crowdfunding en France dans 10 ans ?
ARP : On a demandé à notre boule de cristal mais elle n’a rien vu… Au rythme où vont les innovations technologiques, nous n’aurons peut être plus de smartphones d’ici là. Cependant, on peut imaginer que les français vont petit à petit passer d’épargnants à investisseurs. Le crowdfunding pourrait alors s’institutionnaliser.

Y aura-t-il encore la diversité de plateformes qui existe aujourd’hui ou seules quelques-unes d’entre elles concentreront le gros du marché ? Par rachat de leurs concurrents par exemple ?
ARP : Plusieurs scénarios sont envisageables : le rapprochement de grands groupes avec des plateformes car les banques semblent s’intéresser aux Fintech, un acteur qui prend tout le marché comme Google ou alors un darwinisme économique avec la disparition des acteurs fragiles et la consolidation des autres. Les plateformes devraient se spécialiser pour que les investisseurs puissent s’y retrouver. A trop vouloir tout financer, on risque de perdre en clarté. Par contre, il y a une problématique de taille critique et de rentabilité pour les plateformes, on peut imaginer une concentration par sous secteurs.

>> Voir la page B-Reputation d'Upstone

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