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Crowdfunding : interview de Thérèse Lemarchand, co-fondatrice de Commeon

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28 mars 2017

Crowdfunding : interview de Thérèse Lemarchand, co-fondatrice de Commeon

Ingénieur civil formée à l’Ecole des Ponts ParisTech, Thérèse Lemarchand a un parcours mixte dans l’industrie et la culture. 10 ans d’ingénierie et de responsabilité commerciale grands comptes chez EDF, sont rythmées de 2 périodes d’activité dans l’art contemporain, pour Opéra Gallery à Singapour en 1999-2000, puis de 2002 à 2006 pour contribuer au développement d’Enviedart.com (une des premières galeries d’art contemporain en ligne), de la galerie Arcturus. En mai 2014, elle lance avec Jean-Noël Juston une plateforme de mécénat participatif culturel ouvrant droit à des avantages fiscaux pour les donateurs, qui accueille aujourd’hui tous les types de projets d’intérêt général. Commeon est l’acteur de référence du mécénat moderne : c’est la market place de la philanthropie. Elle crée la rencontre entre des personnes qui souhaitent s’engager autour de projets à but non lucratif et les porteurs de projets qui ont besoin de financement dans des domaines aussi variés que la culture, la solidarité, le patrimoine, les sciences, l’éducation, etc. Grâce à ce crowdgiving, Commeon est un véritable accélérateur des projets des associations, fondations, établissements publics et collectivités locales.

Quelle est la particularité de votre plateforme par rapport à la forte concurrence sur le marché du crowdfunding en France ? Autrement dit : pourquoi venir chez vous ?
Thérèse Lemarchand : La première différence c’est que nous sommes une plateforme spécialisée dans l’intérêt général : tous les projets sont à but non lucratif et portés par des structures d’intérêt général (associations, fondations, établissements publics).
D’autre part, nous sommes une plateforme de mécénat participatif, nous allons donc au-delà du crowdfunding « traditionnel ». Nous proposons aux porteurs de projets de rassembler tous leurs outils de collecte en ligne. Nous offrons la possibilité de faire des campagnes de crowdfunding mais également des programmes annuels de mécénat (avec contreparties) et un module de don simple (sans contreparties).
Du côté donateur aussi nous allons plus loin en proposant un espace personnel enrichi : il s’agit d’un véritable portefeuille philanthropique qui regroupe tous les dons au même endroit afin d’obtenir une vision globale de son budget solidaire. L’intérêt ? Simplifier tout le processus en le rendant ludique et valorisant : voir la répartition des dons par domaines, pouvoir accéder à ses reçus fiscaux à tout moment, suivre l’évolution des projets que l’on a soutenu, et la possibilité d’alimenter mensuellement son compte afin de créer une « tirelire solidaire » à distribuer à des projets en 1 clic.

Combien de projets ont été financés chez vous en 2016 ? Depuis la création ?
TL : Nous avons accueilli près de 150 projets en 2016, et plus de 220 depuis notre création.

Quel est le montant total collecté sur votre plate-forme en 2016 ?
TL : Commeon a permis de collecter 745 000€ l’année passée, et près d’1,3 million d’euros pour le secteur de l’intérêt général depuis sa création il y a moins de 3 ans.

Quelle typologie de projets retrouve-t-on en majorité sur votre plate-forme ?
TL : Commeon est né de la nécessité pour les organismes à but non lucratif de trouver de nouvelles sources de financement et d’interaction avec leur communauté. D’abord réservé à la culture, le mécénat s’étend aujourd’hui à tous les domaines de l’intérêt général : il en va de même pour Commeon. On retrouve ainsi sur Commeon des projets d’acquisition d’œuvres pour des musées, de restauration patrimoniale, de soutien à des festivals, des ensembles de musique, des troupes de théâtre… et également des projets de soutien à des associations comme les Apprentis d’Auteuil, Enfants d’Asie, Jeunesse au plein Air, le Fonds Adie pour la création d’emplois, Agir pour la Santé des Femmes etc. Ce qui est important est de pouvoir répondre aux besoins et envies des donateurs : avoir de l’impact près de chez eux (approche géographique), et soutenir des causes qui sont importantes pour eux.

Comment expliquez-vous l’énorme succès du crowdfunding en France ?
TL : Dans le milieu d’intérêt général, il répond à une évolution des relations entre les structures et leurs donateurs. Des donateurs de plus en plus nombreux mais également exigeants sur la transparence, la souplesse, l’authenticité et qu’il faut engager dans la relation. Il reçoit un très fort engouement auprès des jeunes donateurs qui se voient ouvrir de façon dynamique la possibilité de donner, en mettant en évidence le fait que chaque don compte et est une forme de plébiscite pour les projets. C’est aussi l’expression d’une prise de responsabilité de la part des citoyens puisque le don défiscalisé est une manière de flécher ses impôts.

Comment voyez-vous le marché du don en ligne en France dans 10 ans ?
TL : Dans le domaine de la philanthropie, nous pensons qu’il y aura un nécessaire groupement des points de rencontre entre structures et donateurs, d’où la vision de notre plateforme qui centralise tous les projets d’intérêt général afin de faciliter le passage à l’action et le renouvellement du don, en mutualisant le meilleur des outils numériques pour le secteur. En effet, le fonctionnement en silos ne favorise pas un parcours donateur efficace.

Y aura-t-il encore la diversité de plateformes qui existe aujourd’hui ou seules quelques-unes d’entre elles concentreront le gros du marché ? Par rachat de leurs concurrents par exemple ?
TL : L’avenir le dira ! Les plateformes généralistes se sont déjà bien concentrées. Côté plateformes spécialisées comme la nôtre, il y aura certainement des recompositions car le crowdfunding est un métier et pas seulement un outil. Pour apporter de la valeur il faut pouvoir travailler sur suffisamment de volumes pour pouvoir financer des développements technologiques et des services plus personnalisés.

>> Voir la page B-Reputation de Commeon

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