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Crowdfunding : interview de Jean-David Bar, fondateur de WE DO GOOD

par Pierre-Olivier Burte, B-Reputation

22 mars 2017

Crowdfunding : interview de Jean-David Bar, fondateur de WE DO GOOD

Après des expériences professionnelles dans le marketing & la RSE, les politiques d’achats responsables et les énergies renouvelables, Jean-David Bar a initié WE DO GOOD, plateforme de levées de fonds en royalties, en 2013. Passionné par l’entrepreneuriat social, investi en tant que “gangster” chez MakeSense, il est convaincu qu’il est possible de changer le monde par la finance.

Quelle est la particularité de votre plateforme par rapport à la forte concurrence sur le marché du crowdfunding en France ? Autrement dit : pourquoi venir chez vous ?
JDB : WE DO GOOD est la seule plateforme de financement participatif à proposer des levées de fonds en royalties aux entrepreneurs. Cela leur permet de mobiliser des investisseurs sans diluer leur capital, et de reverser des montants proportionnels à leur chiffre d’affaires à la différence des échéances fixes d’un prêt. Nous sommes par ailleurs une plateforme engagée sur le développement durable et la RSE.

Combien de projets ont été financés chez vous en 2016 ? Depuis la création ?
JDB : Le premier projet a été financé en 2015, en 2016 nous avons financé 10 projets. Aujourd’hui nous sommes à 20 projets financés pour un total de 570.000 € levés.

Quel est le montant total collecté sur votre plate-forme en 2016 ?
JDB : 370.000 €.

Quelle typologie de projets retrouve-t-on en majorité sur votre plate-forme ?
JDB : Des projets entrepreneuriaux en amorçage (tout secteur d’activité).

Quels sont les projets que vous recherchez en priorité ?
JDB : Des projets entrepreneuriaux innovants.

Comment expliquez-vous l’énorme succès du crowdfunding en France ?
JDB : C’est un mode de financement ancien qui s’est envolé de nouveau avec la technologie qui permet l’implication du plus grand nombre. Il permet aux épargnants de décider où va leur argent, de re-développer des solidarités économiques locales et de financer des projets plus originaux ou innovants que ceux que des institutions classiques auraient financés. Il permet aussi de créer de nouveaux systèmes juridiques de financement (royalties, préventes) et de communication. Il démocratise ainsi des systèmes qui existaient pour des grandes institutions et entreprises en faveur de petits projets, de petits commerçants et de porteurs de projets ayant moins de réseaux. Ainsi le crowdfunding répond au besoin de financement des entreprises, les acteurs traditionnels ne jouant plus leur rôle – les banques sont moins enclines à prêter – ou n’ayant pas assez d’ampleur (réseaux de business angels).

Quels types de projets restent encore en retrait du crowdfunding et sur lesquels vous misez pour l’avenir ?
JDB : Nous avons détecté un besoin important pour les projets entrepreneuriaux en création qui n’ont pas de contreparties grand-public intéressantes à proposer en prévente (tous les projets B2B par exemple). Pour la plupart, ces projets sont trop jeunes pour envisager de faire du prêt ou de l’investissement en capital participatifs.

Comment voyez-vous le marché du crowdfunding en France dans 10 ans ?
JDB : Le crowdfunding se fera essentiellement en monnaie électronique décentralisée type bitcoin. Dès la réalisation d’un contrat, les versements de dividendes, d’intérêts, de frais, ou de royalties seront déclenchés automatiquement par la blockchain, comme le développe Ethereum. Toutes les transactions, beaucoup plus sécurisées et sans frais, sont traçables et publiques. Leur coût baissera, et les commissions des plateformes avec. Peut-être même assisterons nous même à la fin de l’intermédiation par les plateformes et le développement de «l’auto-crowdfunding ».

Y aura-t-il encore la diversité de plateformes qui existe aujourd’hui ou seules quelques-unes d’entre elles concentreront le gros du marché ? Par rachat de leurs concurrents par exemple ?
JDB : J’aurais tendance à dire que le nombre de plateformes actives diminuera, avec un ou deux acteurs majeurs en situation d’oligopole dans chacun des modes de financement : don, prêt, capital, royalties. Cette concentration des acteurs sur le marché ne se fera pas forcément au bénéfice des leaders actuels – dans le prêt, le premier il y a un an est aujourd’hui loin derrière le nouveau leader. Par contre, quand on regarde les marchés américain ou britannique on se rend compte que la tendance est l’inverse : plus le marché est mûr, plus il y a de plateformes ! Le futur nous dira donc si cela se passera de la même manière ou si la France sera l’exception.

>> Voir la page B-Reputation de WE DO GOOD

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