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Crowdfunding : interview de Grégoire Wallaert, fondateur de Tributile

par Pierre-Olivier Burte, B-Reputation

20 mars 2017

Crowdfunding : interview de Grégoire Wallaert, fondateur de Tributile

Grégoire Wallaert a passé plus de 12 ans dans l’audit et le conseil financier, en France et en Asie. Au cours de sa carrière, il a accompagné des filiales de grands groupes et des entreprises durant leur création. En juin 2015, il fonde Tributile : une plateforme de crowdlending basée à Lille dans le Nord de la France. Si le fonctionnement actuel est fondé sur le prêt aux entreprises, une offre sous forme de prévente et de lever de capital est prévue pour la suite. Grégoire Wallaert voit le crowdfunding comme un excellent moyen de faire rencontrer les particuliers avec les entreprises et créer ainsi du lien.

Quelle est la particularité de votre plateforme par rapport à la forte concurrence sur le marché du crowdfunding en France ? Autrement dit : pourquoi venir chez vous ?
Grégoire Wallaert : Nous sommes un acteur régional d’une part : nous avons une bonne connaissance des dossiers que nous proposons, nous rencontrons tous les porteurs de projet. Nos investisseurs sont un peu partout en France mais un noyau dur se constitue sur notre territoire et nous allons l’approfondir encore. Ensuite, nous veillons à ce que la présentation des projets soit particulièrement soignée et que le(s) dirigeants s’expriment notamment. Les codes utilisés dans les plateformes de don doivent être retrouvés sur nos projets. Enfin, « Tributile, bien plus que de l’argent » prend tout son sens lorsque nous proposons un projet à taux 0% avec une contrepartie en guise d’intérêt. Pour cela, la campagne pour Moulins d’Ascq est emblématique, il y en aura d’autres.

Combien de projets ont été financés chez vous en 2016 ? Depuis la création ?
GW : En 2016, nous avons réussi 7 projets pour 470K€. 9 projets ont été financés, depuis la création, soit 550K€ levés.

Quelle typologie de projets retrouve-t-on en majorité sur votre plate-forme ?
GW : Il n’y a pas de typologie à définir. Ce sont les dirigeants qui en revanche ont un point commun : ils ont choisi d’innover dans leur démarche de financement.

Quels sont les projets que vous recherchez en priorité ?
GW : Des entreprises qui ont un projet de développement dont elles sont fières et pour lequel une petite poche de financement puisse être réservée aux particuliers, à côté d’un partenaire bancaire.

Comment expliquez-vous l’énorme succès du crowdfunding en France ?
GW : Les Français sont attirés par les innovations, et le crowdfunding a mis en lumière les innovateurs et les créateurs (crowdfunding sous forme de don). Selon moi, le crowdlending surfe lui sur 2 vagues : la déréglementation et la faiblesse des taux d’intérêts (les banques sont plus sélectives et les investisseurs recherchent du rendement).

Quels types de projets restent encore en retrait du crowdfunding et sur lesquels vous misez pour l’avenir ?
GW : Les projets dans les infrastructures et les projets des collectivités publiques ne sont pas encore développés, or ils sont par essence des projets communautaires.

Comment voyez-vous le marché du crowdfunding en France dans 10 ans ?
GW : À 3 ans, je peux être rationnel. Mais à 10 ans, beaucoup moins. Dans 10 ans, la puissance des calculateurs quantiques aura révolutionné la gestion du risque, l’analyse de la contrepartie… Les banques seront transformées, les plateformes puissantes et les détenteurs de capacité de calcul des datas maîtres de la situation. Mais l’entreprise restera toujours humaine, en quête de liens et à la recherche de sa Tribu pour l’engager dans son aventure…

Y aura-t-il encore la diversité de plateformes qui existe aujourd’hui ou seules quelques-unes d’entre elles concentreront le gros du marché ? Par rachat de leurs concurrents par exemple ?
GW : Il y aura quelques très gros acteurs européens, voir mondiaux. Les plus petits résisteront par leur expertise et leur originalité : qualité du service client, positionnement de niche…

Il ne nous reste plus qu’à remercier chaleureusement Grégoire Wallaert, pour le partage de son expérience et son expertise !

>> Voir la page B-Reputation de Tributile

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