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Ma petite entreprise, Alain Bashung : histoire d’un tube

par François Grimpret, journaliste musical

19 décembre 2016

Ma petite entreprise, Alain Bashung : histoire d’un tube

« Ma petite entreprise » est la piste 3 de l’album « Chatterton » sorti en 1994 et premier album sur lequel Alain Bashung prend en main la production (8 autres sont sortis auparavant). Tandis que « Chatterton » est qualifié par Bashung lui-même de « country new wave » (le titre « Elvire » en étant sans doute la meilleure expression), « Ma petite entreprise » est plus proche du rock, et même du rockabilly (certains y entendront peut-être même du ska). Un titre cependant dans la pure veine bashungienne, aux paroles à double sens et à la musique inquiétante. Le tout servi par une irrésistible voix nasale et rauque à la fois, rassurante.

Bashung, père du rock français des 90's

Les paroles de « Ma petite entreprise » sont l’œuvre de Jean Fauque, auteur, chanteur et écrivain français. Jean Fauque et Alain Bashung se rencontrent en 1975 et deviennent amis. Il faudra cependant attendre 1989 pour que les deux travaillent « officiellement » ensemble sur quelques titres de l’album « Novice » (1989), album qui par ailleurs marque la fin de la collaboration entre Bashung et Boris Bergman (parolier attitré depuis les « vrais » débuts de Bashung en 1977), au profit de… Jean Fauque, qui écrira les trois suivants : « Osez Joséphine » (1991), « Chatterton » (1994) et « Fantaisie Militaire » (1998), trois albums considérés comme les plus grands (et ceux ayant enregistré les meilleures ventes, avant Bleu Pétrole sorti en 2008) de la discographie d’Alain Bashung. 1991 – 1998 où les deux balises de l’âge d’or du rock français, preuve que Bashung fut précisément le « débroussailleur » de la scène rock hexagonale montante : Noir Désir, Miossec, Sloy, Dolly, Autour de Lucie, The Little Rabbits… Si ce n’est pas « personnellement » qu’Alain Bashung le fit, c’est bien lui qui, au cours des années 90, ouvrit les portes des maisons de disques (donc des radios, donc du public…) à ces groupes rock (aux destinées ensuite variables…) ou plutôt à leur musique, si proche de la sienne.

Une chanson pour deux explications

Les paroles de « Ma petite entreprise » font quant à elles l’objet de diverses explications, dont deux dominantes. La première est une lecture au premier degré : « Ma petite entreprise » est le discours d’un chef d’entreprise qui raconte ses difficultés à maintenir son affaire en place, travaillant les jours fériés… pour ne pas, au final, s’en sortir trop mal. C’est en ce sens que le réalisateur Pierre Jolivet utilisa le titre de la chanson de Bashung pour un film sorti en 1999 (César du meilleur second rôle pour François Berléand) et dont Bashung lui-même écrivit la bande sonore. Une deuxième lecture de « Ma petite entreprise » voudrait qu’Alain Bashung (l’interprète assurément, l’homme peut-être pas) parle de son pénis. Le monde de l’entreprise serait une métaphore, ou un prétexte, pour décrire son intarissable activité sexuelle et la force de son sexe qui ne « connaît pas la crise ». On retrouverait là toutes les caractéristiques du style de Jean Fauque, capable en quelques syllabes de parler de choses « graves » (un homme qui chante son pénis, ce n’est quand même pas banal) avec humour et dérision, « ma petite entreprise » étant une expression, sinon moqueuse, du moins amusante, pour décrire un pénis. L’œuvre tant romanesque que parolière de Jean Fauque est imprégnée de ce double langage où le deuxième versant est très souvent orienté sur le sexe, sinon le cul, mais raconté avec humour, comme par correction, par politesse. C’est aussi grâce à ces textes signés Jean Fauque que Bashung devint L’élégant du rock français.

Biographie d'Alain Bashung

Né Alain Baschung (nom de son père adoptif) à Paris en 1947, Alain Bashung s’impose dans les années 1980 comme le meilleur représentant du rock français, influençant de nombreux groupes ou artistes, dont Noir Désir, Miossec… Alain Bashung est mort en 2009.

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