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Assurance, vers une économie collaborative ?

par Margaux Blanc, B-Reputation

21 avril 2017

Assurance, vers une économie collaborative ?

Quel que soit le secteur, l’économie collaborative gagne de plus en plus de terrain, y compris au sein de domaines très traditionnels. Ainsi, la mise en relation entre particuliers a commencé à faire sa place dans le monde de l’assurance, par le biais des assurances collaboratives. Si tous les secteurs ne s’y prêtent pas, comme l’assurance-vie par exemple, des modèles se mettent en place notamment pour des assurances voiture et même des mutuelles santé, regroupant alors des individus en petites communautés d’assurés communs. Comment fonctionnent ces nouveaux modèles d’assurance, et comment expliquer leur émergence ?

Fonctionnement des assurances collaboratives

Le fonctionnement des assurances collaboratives repose sur plusieurs mécanismes spécifiques :

  • La constitution d’un groupe d’assurés, qui ne se connaissent d’ailleurs pas forcément personnellement, allant de 50 à 150 individus,
  • Ces assurés se regroupent autour d’un contrat d’assurance en ligne, et les internautes cotisent alors dans un pot commun dédié à indemniser les membres du groupe subissant un préjudice,
  • Une seconde partie des cotisations est quant à elle dédiée au payement des frais de gestion, et à la prise en charge des sinistres trop importants pour être remboursés par la cagnotte commune,
  • À la fin de l’année, si le pot commun n’a pas été utilisé dans son intégralité, il est redistribué aux assurés ou utilisé pour prendre de l’avance sur les cotisations de l’année suivante.

Le fonctionnement des assurances collaboratives tient grâce à un objectif commun : se montrer responsable afin de ne pas pénaliser les autres co-assurés.

Assurances collaboratives et économies

Si ces assurances collaboratives sont particulièrement attractives, c’est entre autres grâce à leur tarif :

  • La cotisation annuelle demandée aux assurés est généralement plus basse que lors d’un contrat d’assurance classique, notamment grâce à la dématérialisation d’une grande partie du service, engendrant moins de frais,
  • Le fonctionnement collaboratif même de ces assurances incite les assurés à être prudents : la redistribution du pot commun n’ayant pas servi encourage les comportements responsables. De plus, les règles du jeu sont claires et les assurés sont informés en toute transparence de l’usage qui est fait de leurs cotisations,
  • Si la participation financière demandée est plus faible que la moyenne, comment sont indemnisés les sinistres importants ? C’est là qu’intervient la part non redistribuable des cotisations : elle dépasse alors le cercle restreint du groupe d’assurés pour compenser l’éventuelle faiblesse d’un autre groupe, amenant alors la collaboration à une échelle plus importante. Dans l’assurance collaborative, les assurés ne sont pas tenus de combler eux-mêmes le déficit ponctuel de leur cagnotte en cas d’incident majeur d’un de leurs membres.

Le système économique de ces assurances repose également sur un dernier point : il s’appuie généralement sur un « véritable » assureur avec un fonctionnement plus classique, qui se place alors en soutien de ces nouvelles assurances collaboratives.

Assurance collaborative, une question de contexte

Le succès croissant des assurances collaboratives s’explique en grande partie par la mouvance actuelle de la digitalisation des entreprises, et dans le cadre de l’assurance, grâce à la loi Hamon sur les assurances, mais pas uniquement :

  • Dans la majorité des assurances en ligne, les groupes d’assurés peuvent être constitués par affinités, par profils (indépendants, employés…) par âge etc. La tendance du partage de « bon plan » profite largement à ce type d’organisation,
  • L’évolution du numérique et son implantation de plus en plus indissociable dans la société favorise également ces structures, relayées par les réseaux sociaux et les autres sites internet collaboratifs entre particuliers,
  • En revanche, si l’assurance collaborative fait clairement évoluer les pratiques de mutualisation, la fin des assureurs classiques est loin d’être amorcée : les assurances collaboratives se reposent encore sur ces structures pour exister, et les calculs de cotisations, d’estimation de la prise en charge ou les degrés de couverture restent calqués sur le modèle des assurances conventionnelles, bien que revu à la baisse grâce à la diminution des frais de gestion.

Si l’essor d’un nouveau modèle d’assurance modernisé par la collaboration des assurés s’ancre de plus en plus dans les usages, son succès est à tempérer. En 2017, 20% des assurés ont sauté le pas et ont souscrit à un contrat d’assurance en ligne, mais ces contrats sont signés majoritairement avec un assureur conventionnel digitalisant son offre. Les métiers de l’assurance sont simplement amenés à évoluer progressivement à la mesure de la digitalisation croissance des entreprises, tout secteur confondu !

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